JRG | Paris-Berlin : un couple désaxé face aux urgences actuelles.

Une révision des traités est-elle la réponse adaptée aux problèmes immédiats de la zone Euro?

Les Jeunes Radicaux de Gauche (JRG) répondent par la négative, une révision ne peut suffire à ramener rapidement la confiance. Cette révision fixée pour après les élections présidentielles françaises laisse de longs mois sans actions concrètes. Alors que l’Union a besoin d’actes forts et marquants maintenant, le couple Merkel-Sarkozy pense pouvoir retarder la crise de plusieurs mois pour adopter un traité. La réponse actuelle est inefficace dans l’immédiat et montre une absence totale de vision à moyen et long terme pour l’Union Européenne et ses citoyens.

 

Le couple Merkel-Sarkozy propose de faire contrôler les budgets de chaque état sur la base d’une « règle d’or » appliquée à l’ensemble des pays de l’Union Européenne. Il y aurait alors des sanctions pour les états ayant un déficit supérieur à la limite des 3%. Mais cette limite et les sanctions existent déjà depuis le traité de Maastricht et ce système n’a jamais fonctionné. Sorte de nouvelle solution miracle de la droite européenne, la « règle d’or » n’en reste pas moins une curieuse solution venant d’un président recordman des déficits publiques.

Rien n’est dit sur les véritables priorités, quels sont les moyens prévus pour atteindre des objectifs de croissance permettant de faire baisser le chômage? Ce qui devrait être la priorité n’est pas abordé par le duo franco-allemand.

Cette révision des traités ne concernerait que les pays de la zone Euro et les pays souhaitant rejoindre ce nouveau traité. Est-ce la fin de l’Union européenne sous sa forme actuelle? Quelle est le rôle du Parlement Européen, seul organe démocratique de l’UE qui lui est élu par les citoyens de 27 états? Que faire si des états ayant l’Euro refusent ce nouveau traité? Une Europe à plusieurs cercles à la Delors semble se dessiner mais sans aucune souplesse.

La convergence avec l’Allemagne dont parle souvent Nicolas Sarkozy est absente du débat public outre-rhin. Et le discours actuel du président sonne comme un alignement de la France sur les propositions allemandes. La position du gouvernement allemand a évolué depuis le début de la crise, mais cette très lente évolution ne permet pas d’avancer vers un système stable. Angela Merkel refusant bec et ongles l’idée d’une mutualisation des dettes, d’une action de la BCE sur les marchés ou d’avancer vers le fédéralisme.

Les JRG demandent aux chefs d’états européens de faire preuve de pragmatisme et de courage politique pour orienter l’Union Européenne vers une plus grande convergence politique et économique. Cette convergence doit se faire au dessus des clivages habituels gauche-droite et doit passer par plus de fédéralisme dans l’intérêt des peuples européens et non plus des marchés et des groupes de pression.

Au diable les agences de notation, l’Europe a besoin aujourd’hui d’une politique de relance économique coordonnée et adaptée, il faut s’endetter intelligemment pour le développement économique futur et ne pas s’enfermer dans la spirale de récession que nous promet « Merkozy! ». L’émission d’euro-bonds semble la solution la plus juste et la plus solidaire pour tous les états européens pour mener à bien cette politique.

L’Europe doit être démocratique et être une promesse de progrès sous peine de faire le lit des nationalistes.

Fait à Paris le 08 Décembre,